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5 étapes clés du retour en France

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LE RETOUR EN FRANCE EST UN CHANGEMENT MAJEUR, UNE TRANSITION. LE TERME « RENTRER » SUPPOSE QUE L’ON RETROUVE CE QU’ON A LAISSÉ EN PARTANT, MAIS CE N’EST JAMAIS LE CAS.

Cette transition génère une période de réadaptation et de réajustement qui prend du temps. Les difficultés rencontrées sont individualisées, différentes pour chaque expérience d’expatriation. Toutefois on observe un cheminement récurrent. Ce processus présente de fortes similitudes avec les théories d’adaptations culturelles.

Petit tour d’horizon des différentes théories…Et des étapes clés.

Les transitions culturelles : étapes clés

Dès 1955, le sociologue norvégien Sverre Lysgaard a été le pionner en matière de représentation graphique du processus d’adaptation culturelle. Cette courbe en U a ensuite été reprise pour être retravaillée à une échelle plus globale. Kalervo Oberg, anthropologue canadien, présente, en 1960, une version révisée de cette courbe avec quatre phases distinctes 

      • La lune de miel
      • La crise
      • Le rétablissement
      • L’ajustement

En 1963, Gullahorn et Gullahorn proposent leur théorie de la courbe en W, qui prend comme hypothèse que le retour d’expatriation génère les mêmes effets que le départ. L’illustration qu’ils présentent des adaptations culturelles au départ puis au retour prend alors la forme d’un W, précisant que les cycles d’adaptation se suivent presque à l’identique.

Explorons chacune des quatre étapes du point de vue de l’impatrié :

  1. La Lune de Miel

Cette période, souvent d’une durée très courte de quelques jours ou semaines, peut parfois durer plusieurs mois selon les circonstances. Il s’agit ici d’une phase d’excitation à l’idée de retrouver ses proches. Cette énergie positive est d’ailleurs commune à tous les expats de retour. La terminologie « lune de miel » est parfaitement adaptée à cette période de joie et d’euphorie de redécouvrir, tel un touriste, la gastronomie locale, l’émerveillement des lieux géographiques, le bonheur partagé, parfois même la fascination pour son propre pays retrouvé. Pendant cette phase, les échanges familiaux et amicaux sont généralement très positifs. Ce n’est pas le temps propice pour la réflexion pour l’impatrié. Tout va très vite, et on n’est pas en mesure d’observer, avec un regard critique son environnement ou ses compatriotes. Durant cette période euphorique, on adopte un comportement de touriste. Cela ressemble étrangement à des vacances.

C’est le temps propice aux bonheurs de retrouver les éléments regrettés pendant l’expatriation. Pour les proches, souvent très présents, aucune exigence ni attente particulière n’est demandé à l’impatrié. Ils sont aux « petits soins », surtout si ce dernier doit se remettre d’un décalage horaire. Il doit reprendre ses marques avant tout. Cependant, cette phase s’avère être de courte durée. Dès lors que les autres retournent à leurs vies quotidiennes, que la période d’euphorie s’estompe, le voile tombe et va laisser place à une tout autre réalité.

  1. La Crise ou le Choc Culturel Inversé

Lorsqu’on a fini son « tour de France », c’est-à-dire lorsqu’on a fait le tour de son entourage, enchaîné les « apéros », dîners et retrouvailles, une certaine lassitude s’installe. C’est une période de crise qui débute. Elle marque, en fait, la fin de la lune de miel et la prise de conscience que des difficultés existent.

C’est une période de stress émotionnel et psychologique souvent lié au temps d’expatriation. De même, lorsque l’expatriation a été dans un pays dont les codes culturels sont éloignés de ceux du pays d’origine, il y a comme une forme de désaccord avec sa propre culture.
On ne se retrouve plus dans le regard que les autres nous portent. On ne retrouve plus l’environnement qui semblait si familier dans le passé. Kalervo Oberg l’a, d’ailleurs, associé à une forme d’anxiété.

« Le choc culturel est une manifestation d’anxiété associée à la perte des signes et symboles familiers dans les relations sociales »

Oberg (1960)

La notion de choc culturel inversé suppose un événement violent, brutal, sans notion de durée. Par choc, il sous-entend un effet de surprise. Il est donc difficile d’envisager les difficultés d’ordre psychologique et émotionnel à venir. C’est souvent associé à une incompréhension, comme l’illustre ces témoignages :

« C’était très difficile je ne me sentais plus sur la même longueur d’onde que ma famille et mes amis. J’étais en désaccord avec beaucoup de pratiques politiques et avec les comportements des Français »

« J’ai été considérée comme une étrangère dans mon propre pays. Après 6 mois passés à Paris je suis repartie de France et retournée aux États Unis. Si c’était à refaire, je me préparerai mieux. À l’époque, je n’étais pas consciente que j’allais être maltraitée dans mon propre pays de naissance »

Il est usuel de penser que le choc culturel dure dans le temps, environ six mois, d’après les différents témoignages d’impatriés. C’est en fait la routine, la lassitude et le doute qui vont venir étayer ce sentiment de choc culturel, s’apparentant à un stress. Certains experts, tels que Zheng et Berry, cités par Anne-Laure Fréant, ont d’ailleurs abandonner cette notion de choc culturel pour laisser place à la notion de stress d’acculturation :

« Il y a un ensemble particulier de comportements liés au stress ayant lieu pendant l’acculturation, comme l’état mental altéré (anxiété, dépression), des sentiments de marginalité et d’aliénation, de hauts niveaux de symptômes psychosomatiques et de confusion identitaire. » 

Zheng & Berry (1991)

C’est une période où on se sent étranger dans son propre pays. On est fragilisé par ses conflits internes. Face au doute, et à ce sentiment de décalage, on met en place des comportements protecteurs. Si une des réactions minoritaires est la fuite avec parfois un renoncement à l’impatriation, communément, on se retrouve en situation de résistance. On refuse d’ajuster ses comportements au risque de devoir admettre qu’on ne repartira plus, voire que la période d’expatriation qu’on vient de vivre n’aurait pas existé. Cette résistance est un moyen de protéger son identité et les spécificités de sa personnalité acquises grâce à son expérience internationale. Poussée à l’extrême, cette phase de crise peut s’avérer dangereuse pour soi. On pourrait se mettre en phase de repli sur soi-même, à refuser tout contact avec autrui au risque d’y perdre son identité.

L’impatrié devra passer outre cette période de résistance s’il souhaite poursuivre sa réintégration en France de façon confortable. Il s’agit donc d’une période plus ou moins intense selon la durée de l’expatriation, mais aussi selon le contexte culturel, et selon le degré d’acculturation dont on a fait preuve pendant sa période à l’étranger.

  1. L’acclimatation

Quand certains expatriés décident de repartir face au sentiment d’échec pendant la phase de crise, d’autres, par volonté ou par contrainte, auront la nécessité de poursuivre leur intégration et passeront ainsi par la phase d’acclimatation.

Durant cette période, le stress et les doutes se dissipent peu à peu. Ils laissent place à une forme de négociation continue de la part de l’impatrié, comme un processus graduel pendant lequel on va réajuster son comportement et sa façon de se confronter à son nouvel environnement. En phase de négociation avec soi-même, et avec sa culture, on va se réapproprier petit à petit certains codes culturels, sans pour autant perdre de sa nouvelle identité. On va être enclin à tester de nouvelles approches et choisir de les adopter ou non. On travaillera à trouver un équilibre entre sa ou ses cultures d’accueil et sa culture d’origine. Chaque élément, chaque situation du quotidien sera une opportunité de tester ses aptitudes et valider un certain ajustement comportemental. On prendra alors conscience de son identité propre biculturelle, voire multiculturelle.

Par ailleurs, certains éléments matériels vont faciliter cette phase d’acclimatation : par exemple, son emménagement. Au retour, les impatriés retournent rarement dans un logement personnel dès l’arrivée sur le sol français. Il y a bien souvent une période d’hébergement instable où les voyageurs sont contraints de retourner dans la famille quelques semaines, voire plusieurs mois. Parfois, ils s’organisent pour louer un logement temporaire. Chaque cas est différent. L’installation définitive dans un « chez-soi » offre une zone de confort qui permet de s’approprier, enfin, de nouveaux points de repères.

  1. La Réadaptation ou la Maîtrise

Cette étape illustre l’aboutissement du processus de réadoption de sa culture. C’est une période dite de « maîtrise » qui se traduit par une approche sereine de la part de l’individu. À ce stade, on n’est plus en négociation permanente, on en a fini avec ses conflits internes, on est en paix avec ses codes multiculturels. N’étant plus tiraillé entre deux cultures, mais plutôt jonglant habilement entre elles, on s’amuse à emprunter avec justesse les codes d’une culture et de l’autre, en fonction de la situation, ou en fonction de l’effet recherché. On est en pleine harmonie avec son identité multiculturelle. On ne voit plus uniquement les défauts de sa culture d’origine, mais plutôt on sait identifier les différences interculturelles. On apporte un regard critique sur les cultures dont on maîtrise les codes, et qui ont forgé incontestablement notre identité. On est à même de discerner les variantes de ces codes multiculturels, et on en fait une force. On a compris qu’on n’était pas contraint d’abandonner l’une au détriment de l’autre. Cette phase clé représente un réel soulagement. On ressent, enfin, une certaine sérénité.

Margaret Push écrivait en 1988 que l’impatrié devait généralement adapter ses attitudes, en conservant les bénéfices comportementaux de sa vie à l’étranger. Au fil du temps, à force de tester de nouveaux fonctionnements avec ses compatriotes, l’impatrié les invite à une certaine tolérance et à une acceptation de ce « nouveau moi ». Grâce à son comportement plus ouvert, une approche plus propice à des échanges favorables, il obtient, en retour, des signaux positifs quant à son identité. À ce stade, il est donc en phase avec lui-même.

Et l'anticipation dans tout ça ? 

Sa prise en compte est pourtant indispensable. L’analyse de ces quatre phases, via la courbe en U, omet pourtant une étape clé de cette transition : la préparation. Si concrètement, le retour débute à l’arrivée en France, la phase préparatoire est essentielle à la bonne appréhension et anticipation de ce changement. Synonyme de préparation logistique et administrative, c’est aussi le stade de préparation psychologique et mentale à ce qui nous attend.

Cette phase est forte en émotions, émanant d’un tiraillement entre l’obligation de quitter la culture d’accueil et l’excitation de retrouver les siens. C’est la période des aurevoirs, et avec ces adieux, viennent se greffer de nombreux questionnements, verbalisés ou non, concernant le départ. Le regard d’autrui est déjà prépondérant et permet d’en poser les bases. Plus on va être confronté au regard d’autrui, plus on aura l’opportunité de se préparer. On sera amené à se questionner sur son lieu d’installation (choix de la ville, du quartier), son projet professionnel, ses regrets (regret de quitter ses amis, de quitter la ville où on s’est construit) et ses attentes dans tous les domaines. On jongle habilement entre les émotions pour justifier ce retour. Toutes ces interrogations représentent une étape essentielle et saine pour appréhender un retour serein, et facilite une projection sur son propre devenir.

Dans le cas d’un retour subi, voire précipité, il peut être difficile de se préparer psychologiquement. Sans cette phase d’anticipation, on n’a pas le recul nécessaire pour appréhender confortablement son retour. Le soutien positif de l’entourage sera alors extrêmement important. Et parfois, bien qu’un retour soit choisi et qu’il y ait préparation en amont, il est tout simplement impossible de tout contrôler…

Chaque retour est différent et propre à chacun. Et un accompagnement par un coach certifié et spécialisé dans les problématiques interculturelles peut faire effet de levier dans cette transition de vie.

 

Sources:

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